Philanthropie

La croissance responsable, une opportunité pour les entrepreneurs

May 22, 2019

En avril dernier, Jean-Philippe Courtois, Vice-président exécutif de Microsoft et co-fondateur de Live for Good, association soutenant de jeunes entrepreneurs acteurs du changement, était l'invité de J.P. Morgan à Paris. Devant une assistance attentive, il a présenté sa structure et expliqué dans quelle mesure croissance responsable et social business représentent une nouvelle ère pour les entrepreneurs. Interview...

Comment présenter Live for Good ?

Jean-Philippe Courtois : Il s'agit d'une structure que j'ai créée en 2015 avec mon épouse et mes deux filles. Sa mission est d'aider les jeunes de moins de 30 ans venus de tous horizons – diplômés ou non, issus de quartiers difficiles, réfugiés... - à révéler, développer leur potentiel via l’entrepreneuriat social et le numérique. Modestement, nous cherchons à démocratiser l'entrepreneuriat social et à aider les futures pépites de l'innovation sociale, deux enjeux que je considère comme essentiels. Ainsi, l'année dernière, nous avons suivi une cinquantaine de jeunes, invités à suivre un programme de développement personnel, à bénéficier de conseils pour créer leur start-up, à profiter de séances de coaching... En parallèle, nous proposons des ateliers de découverte de l'entrepreneuriat social et attribuons chaque année cinq bourses de 10 000 euros dans le cadre du Prix Gabriel Live for Good.

Vous évoquez l'entrepreneuriat social : comment définiriez-vous le social business ?

J-P. C. : Il s'articule autour de trois grands principes. D'abord, et il faut toujours garder cela en tête, les entreprises intervenant dans cette démarche sont de 'vraies' sociétés, c'est à dire qu'elles ont des clients et réalisent un chiffre d'affaires et des bénéfices. Mais cette 'lucrativité' est encadrée : l'intégralité des profits n'ira pas aux actionnaires, la plus grande partie étant réinvestie pour accroître l'impact social de l'entreprise. Ce dernier sera par ailleurs mesuré : des indicateurs permettront de vérifier comment la société réduit son empreinte carbone, promeut l'insertion des personnes atteintes d'un handicap... Enfin, le social business induit une gouvernance participative, une formule innovante et inclusive dans laquelle les managers et décideurs travaillent en bonne intelligence avec des salariés et bénéficiaires tiers davantage impliqués dans les circuits de décision.

Vous parlez d'enjeux essentiels : dans quelle mesure l'entrepreneuriat social est-il un thème majeur ?

J-P. C. : Si, ces dernières décennies, le monde a connu une progression sociale fulgurante sur certains items - + 30 % en 35 ans de la part de personnes ayant accès à l'eau potable, + 25 % en 45 ans des filles inscrites à l'école primaire... - il reste des défis à relever dans les dix prochaines années. Je pense bien sûr au défi écologique, aujourd'hui au cœur de nos préoccupations, mais aussi au défi politique – en lien avec des conflits régionaux ou des flux migratoires – et au chômage des jeunes. Dans ce contexte, je considère que, pour relever ces défis, les entreprises ont intérêt à jouer la carte de la croissance responsable et surtout d’assumer pleinement leur responsabilité sociétale. Je dirais même que, à l'heure de grands changements, le social business offre de nouvelles opportunités aux entreprises.

De quels changements parlez-vous ?

J-P. C. : Le numérique a profondément modifié le fonctionnement des entreprises, la chaîne de valeur a évolué dans tous les métiers. L'une des conséquences directes est la mutation du travail : les générations futures exerceront de nombreux métiers au fil de leur carrière. Les jeunes devront acquérir de nouvelles compétences, apprendre à se réinventer... Cela passe notamment par un développement de l'entrepreneuriat individuel : les freelances représentent désormais 32 % de l'emploi aux États-Unis et, en France, les jeunes créent dix fois plus d'entreprises qu'il y a dix ans. Enfin, et c'est aussi là que le social business devient incontournable, l'immense majorité des jeunes aspire à travailler dans une entreprise socialement responsable, ayant un impact positif sur le bien commun. Cette 'quête de sens' est bien réelle et installée : une entreprise doit donc intégrer ces attentes, opter pour un entrepreneuriat social, pour attirer – et retenir ! - les talents.

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